
Michael
La Chance, D.E.A. (EHSS), Ph.D (Paris-VIII)
Philosophe (esthétique) et écrivain, professeur en Théorie
et Histoire de l'art à l'Université du Québec à Chicoutimi.
Directeur du Centre d'exposition de l'Université. Membre du comité exécutif
du CELAT et chercheur FQRSC. Auteur de plusieurs ouvrages et de nombreuses critiques
d'art, catalogues d'artistes, contributions théoriques en esthétique
littéraire et visuelle, et aussi de recueils de poésies. Avec un
intérêt marqué pour les arts technologiques et la performance,
il est rédacteur à Inter Art Actuel.
Conférence
Le cerveau prothétique : histoire de l'électrostimulation,
esthétiques expérimentales.
L'art a toujours recherché l'impact le plus direct en travaillant à la
limites des codes d'expression, en créant de nouveaux codes. On parlait
volontiers, à titre métaphorique, d'un effet chimique ou encore électrique
de l'_uvre d'art sur le récepteur. La recherche médicale d'aujourd'hui
parvient à acheminer des stimuli directement dans le cerveau par des implants
bioniques, des manipulations bioélectromagnétiques, etc. De même,
nous captons les signaux bioélectriques du cerveau pour ouvrir de nouveaux
canaux de perception et pour étendre notre mobilité, - mais aussi
pour pour les sonoriser et les spatialiser dans des dispositifs artistiques cybernétiques
et interactifs (neuromusique, performance technoétique, danse biométrique,
corticalart, etc.). C'est pourquoi une esthétique expérimentale
du bioart doit s'intéresser à l'histoire de l'électro-stimulation,
elle doit considérer aussi comment nos médiations, autant culturelles
que technologiques, autant orthopédiques que médiatiques, n'ont
de cesse de définir la sphère sensori-motrice humaine. La prothèse
neurophysiologique peut remédier à une déficience motrice,
elle peut aussi développer des formes d'expression nouvelles. Certes le
cerveau et un chef d'œuvre biologique, il subit des transformations profondes
avec l'apparition des Interfaces Cerveau-Ordinateur (BCI) dans un monde qui a
perdu tout fondement immobile. Nous voulons examiner comment les images du cerveau
qui apparaissent dans l'imagerie scientifique mais aussi au cinéma ou
encore dans les œuvres d'art-science, réactivent le fantasme de communication
sans médiation entre individus, de reconfiguration de l'humain, de réingénierie
du corps social.